Présentation

Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 13:01

Définition :

Motif ou air préexistant, et sur lequel on applique des paroles nouvelles. Le chant chrétien primitif faisait un large emploi des timbres. Sur quatorze versets alleluiatiques du 2e ton, que l'usage a conservés de l'antiphonaire primitif, il y en a dix sur le même air. Beaucoup d'hymnes en vers se chantent sur un même air. Coussemaker prouve l'usage du timbre au moyen âge par un manuscrit du Xe s., où quatre chansons latines portent au lieu de notation, les mots Modus, ( = sur l'air de) Ottine; Modus Liebine; Modus Florum; Modus Carelmannine. Les troubadours usaient du procédé. Bertrand de Born (1159-1196) dit lui-même avoir écrit un de ses sirventes Sur la mélodie de la Dame Alamanda. En général, il semble certain que le sirventès se composait toujours sur un air connu.  (Voyez Sirventès.) De tout temps, le procédé fut courant; au XVIe s., on le voit utilisé pour les textes des chansons, des psaumes huguenots, etc. Au début du XIXe s., la Clef du Caveau dit : « On entend par le mot timbre la désignation d'un air quelconque, en citant le premier vers de la chanson ou du couplet qui lui a donné lieu. »

 

A Les cinq étages

 

 

Composé par Pierre Jean de Béranger (1780-1857) ce timbre est interprété en 1955 par Germaine Montero

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=DEG3Slgi9c0

 

A.I. Texte

Dans la soupente du portier,
Je naquis au rez-de-chaussée.
Par tous les laquais du quartier,
A quinze ans, je fus pourchassée ;
Mais bientôt un jeune seigneur
M'enlève à leurs doux caquetages :
Ma vertu me vaut cet honneur,
Ma vertu me vaut cet honneur,
Et je monte au premier étage,
Et je monte au premier étage.

Là, dans un riche appartement,
Mes mains deviennent des plus blanches.
Grâce à l'or de mon jeune amant,
Là, tous mes jours sont des dimanches.
Mais, par trop d'amour emporté,
Il meurt. Ah ! pour moi, quel veuvage !
Mes pleurs respectent ma beauté,
Mes pleurs respectent ma beauté,
Et je monte au deuxième étage,
Et je monte au deuxième étage.

Là, je trompe un vieux duc et pair,
Dont le neveu touche mon âme.
Ils ont d'un feu payé bien cher,
L'un la cendre et l'autre la flamme,
Vient un danseur nouveaux amours ;
La noblesse alors déménage.
Mon miroir me sourit toujours,
Mon miroir me sourit toujours,
Et je monte au troisième étage,
Et je monte au troisième étage.

Là, je plume un bon gros Anglais,
Qui me croit veuve et baronne,
Puis deux financier vieux et laids,
Même un prélat : Dieu me pardonne !
Mais un escroc, que je chéris,
Me vole en parlant mariage…
Je perds tout, j'ai des cheveux gris,
Je perds tout, j'ai des cheveux gris,
Et je monte encore un étage,
Et je monte encore un étage.

Au quatrième, autre métier :
Des nièces me sont nécessaires !
Nous scandalisons le quartier,
Nous nous moquons des commissaires.
Mangeant mon pain à la vapeur,
Des plaisirs je fais le ménage.
Trop vieille, enfin, je leur fais peur,
Trop vieille, enfin, je leur fais peur,
Et je monte au cinquième étage,
Et je monte au cinquième étage.

Dans la mansarde, me voilà :
Me voilà pauvre balayeuse !
Seule et sans feu, je finis là
Ma vie au printemps si joyeuse.
Je conte à mes voisins surpris
Ma fortune à différents âges ;
Et j'en trouve encore des débris,
Et j'en trouve encore des débris,
En balayant les cinq étages,
En balayant les cinq étages.

 

A 1 a forme littéraire:

Forme strophique avec envoi, la versification est la suivante:

A B A B C D C C D D

 

A 1 b analyse:

Chaque strophe évoque un étage d'une maison. L'ascension de chaque étage étant comme l'ascension ou la chute d'un degré dans l'échelle sociale.

La métaphore entre la maison et l'évolution social est un procédé également employé par Emile Zola (1840-1902) dans l'Assommoir (1877) ou plus récemment comme description d'un groupe social, un « fragment du monde », par Georges Perec (1936-1982) dans la vie mode d'emploi (1978).

 

A 2 musique

Bac2009_CinqEtages550.png

A 2 a forme musicale

A B A B C D D E E'

 

A 2 b

Ambitus d'un octave + la sensible inférieure.

En mi mineur.

Un vers = un motif sauf pour les vers 5 et 6 : un seul motif ©. Ces deux vers portent la péripétie de la strophe.

L'ascension sociale comme chute réelle est figuré par le motif E sur le vers D. Le texte évoque la monté d'un étage tandis que la mélodie est descendante.

 

B La liberté des Nègres

Pour écouter : http://musiqueauciv.unblog.fr/prgs-bac-2009/liens-utiles-pour-les-trois-thematiques-bac-of-2009/

 

Composé par Antoiner Pierre de Piis (1753-1833), auteur dramatique qui en 1792 a particiupé à la création du vaudeville.

L'interprétation choisi est celle de Marc Ogeret (né en 1932).

Le texte évoque l'abolition de l'esclavage.

Rappel :

-Nous ne parlons ici que de la France- en 1315, le roi Louis X proclame que quiconque pose le pied sur le sol français est affranchi. En 1794, la convention proclame l'abolition de l'esclavage -suite à la décision de la Convention de St Domingue en 1793-, en 1802, Napoléon Bonaparte le rétabli, enfin en 1848, il est définitivement aboli.

 

B1 texte

 

Le savez-vous, Républicains,
Quel sort était le sort du nègre ?
Qu'à son rang, parmi les humains
Un sage décret réintègre ;
Il était esclave en naissant,
Puni de mort, pour un seul geste...
On vendait jusqu'à son enfant.
Le sucre était teint de son sang,
Daignez m'épargner tout le reste...(bis)

De vrais bourreaux, altérés d'or,
Promettant d'alléger ses chaînes,
Faisaient, pour les serrer encor,
Des tentatives inhumaines.
Mais, contre leurs complots pervers,
C'est la nature qui proteste
Et deux peuples, brisant leurs fers,
Ont, malgré la distance des mers,
Fini par s'entendre de reste. (bis)

Qu'ont dit les députés des noirs
A notre Sénat respectable,
Quand ils ont eu de leurs pouvoirs
Donné la preuve indubitable :
Nous n'avons plus de poudre, hélas !
Mais nous brûlons d'un feu céleste,
Aidez nos trois cent mille bras,
A conserver dans nos climats
Un bien plus cher que tout le reste. (bis)

Soudain, à l'unanimité :
Déclarez à nos colonies,
Qu'au désir de l'humanité,
Elles sont par vous affranchies.
Et si des peuples oppresseurs,
Contre un tel vœu se manifestent,
Pour amis et pour défenseurs,
Enfin, pour colons de nos cœurs,
Songez que les Français vous restent. (bis)

Ces Romains, jadis si fameux,
Ont été bien puissants, bien braves, Mais ces Romains, libres chez eux,
Conservaient au loin des esclaves.
C'est une affreuse vérité,
Que leur histoire nous atteste,
Puisqu'avec nous, d'humanité,
Déjà les Romains sont en reste. (bis)

Tendez vos arcs, nègres marrons,
Nous portons la flamme à nos mèches,
Comme elle part de nos canons,
Que la mort vole avec vos flèches.
Si des royalistes impurs,
Chez nous, chez vous, portent la peste,
Vous dans vos bois, nous dans nos murs, Cernons ces ennemis obscurs,
Et nous en détruirons le reste ! (bis)

Quand dans votre sol échauffé,
Il leur a semblé bon de naître,
La canne à sucre et le café
N'ont choisi ni gérant, ni maître.
Cette mine est dans votre champ,
Nul aujourd'hui ne le conteste,
Plus vous peinez en l'exploitant,
Plus il est juste, assurément,
Que le produit net vous en reste. (bis)

Doux plaisir de maternité,
Devenir plus cher à négresse
Et sans nuire à fécondité,
Prendre une teinte de sagesse.
Zizi, toi n'étais, sur ma foi,
Trop fidèle, ni trop modeste ;
Mais toi, t'en feras double loi,
Si petite famille à toi
Dans case à moi, près de toi reste. (bis)

Américains, l'égalité
Vous proclame aujourd'hui nos frères
Vous aviez à la liberté
Les mêmes droits héréditaires.
Vous êtes noirs, mais le bon sens
Repousse un préjugé funeste...
Seriez-vous moins intéressants,
Aux yeux des républicains blancs ?
La couleur tombe, et l'homme reste ! (bis)

 

B1a forme du texte

 Forme strophique,  de versification A B A B C D C C D

B1b analyse

Il s'agit d'une forme strophique.

B2 musique

Il s'agit du même timbre que pour « les 5 étages ».

libertedesnegres.png

B2a analyse

Contrairement à la version précédente, il n'y a pas la re# inférieur au mi grave dans le motif B. Donc celui-ci avait valeur d'ornement et n'avait pas de fonction structurelle.

Par Amphion - Publié dans : Analyses
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus